congé maternel

 

 

Pour un vrai congé maternel européen

Mary Collins, chargée des politiques sociales et économiques au Lobby européen des femmes

(Alternatives Economiques n° 338 - septembre 2014)
 
 

 

Aujourd'hui encore, dans la plupart des pays européens, les femmes ne perçoivent pas la totalité de leur salaire durant leur congé de maternité. En 2008, la Commission européenne a décidé d'améliorer les standards existants, qui ne prévoient que deux semaines de repos obligatoire, avec la possibilité de prendre quatorze semaines de congés sans perdre ses droits. Elle a proposé une directive allouant une période de repos minimale de six semaines, avec jusqu'à dix-huit semaines de congés. Le Parlement européen y a ajouté en 2010 le maintien de leur salaire durant cette période, une protection contre les licenciements jusqu'à six mois après le retour au travail, l'interdiction du travail de nuit et des conditions spécifiques lors des naissances multiples et de la naissance d'un enfant ayant un handicap.

 

Directive bloquée
 

A cette date, il n'y avait "que" quelques pays réticents, notamment le Royaume-Uni et l'Allemagne. Cependant, au fil du temps, l'excuse de la crise aidant, la directive s'est retrouvée bloquée. Et aujourd'hui, la Commission européenne propose de la retirer au nom "de la bonne gestion".

 

C'est inadmissible !      Pour le Lobby européen des femmes, c'est également absurde, puisqu'à terme les coûts de ces mesures seraient couverts par les revenus générés par les femmes. Leur taux d'emploi chute en effet en moyenne de 10 % lorsqu'elles ont des enfants. Et les pays où le congé de maternité est le plus long sont à la fois ceux où le plus de femmes travaillent et où le taux de fécondité est le plus élevé. Le Lobby européen des femmes milite donc pour le maintien de cette proposition afin que toutes les femmes en Europe soient égales face à la maternité.

 

Mary Collins, chargée des politiques sociales et économiques au Lobby européen des femmes


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