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500 migrants disparus dans un naufrage en Méditerranée

les passeurs pourraient avoir volontairement provoqué le naufrage, selon des témoins. Il s'agirait alors d'un "homicide de masse". 

Des migrants attendent d'embarquer sur un bateau italien le 25 août 2014. 100.000 personnes sont ainsi arrivées depuis le début de l'année. (AP/SIPA) Des migrants attendent d'embarquer sur un bateau italien le 25 août 2014. 100.000 personnes sont ainsi arrivées depuis le début de l'année. (AP/SIPA)

Jusqu'à 500 migrants sont portés disparus après que leur embarcation de fortune eut coulé la semaine dernière en Méditerranée, a annoncé lundi 15 septembre l'Organisation internationale des migrations (OIM).

Deux Palestiniens repêchés jeudi près de Malte par un porte-conteneurs panaméen ont rapporté qu'il y avait environ 500 personnes à bord et que les passeurs avaient volontairement provoqué le naufrage, a expliqué l'OIM.

Les autorités italiennes ont ouvert une enquête, mais si ces informations sont confirmées, "il s'agirait du naufrage le plus grave de ces dernières années", d'autant plus qu'il ne s'agirait pas d'un accident mais d'un "homicide de masse", a dénoncé l'organisation.

Déposés samedi par le porte-conteneurs à Pozzallo, dans le sud de la Sicile, les deux jeunes hommes, interrogés séparément, ont raconté être partis de Damietta, en Egypte, avec environ 500 autres personnes - Syriens, Palestiniens, Egyptiens et Soudanais.

Selon le récit de ces deux Palestiniens de Gaza, les passeurs ont plusieurs fois obligé les clandestins à changer d'embarcation et mercredi, ils leur ont demandé de sauter sur un bateau plus petit et apparemment plus précaire.

Quand les passagers se sont rebellés, les passeurs, qui se trouvaient sur un autre bateau, ont embouti la poupe de l'embarcation des migrants, qui a coulé. Les deux Palestiniens ont été repêchés un jour et demi plus tard.

Neuf autres survivants ont été secourus par des navires grecs ou maltais, mais il semble que tous les autres aient péri", a déclaré Flavio Di Giacomo, porte-parole de l'OIM en Italie.

Des dizaines de migrants portés disparus

Par ailleurs, des dizaines de migrants africains ont disparu en mer dimanche dans le naufrage de leur embarcation au large des côtes libyennes, a annoncé lundi le porte-parole de la marine libyenne.

Trente-six personnes, dont trois femmes, ont été secourues par la marine, a déclaré à l'AFP le colonel Ayoub Kassem, affirmant que quelque 200 migrants auraient été à bord de l'embarcation qui a coulé à l'est de Tripoli.

Il y avait un grand nombre de corps qui flottaient. Mais le manque de moyens ne nous a pas permis de repêcher les cadavres, surtout qu'il commençait à faire nuit hier (dimanche). Notre priorité était de secourir les survivants", a-t-il ajouté.

Ayoub Kassem a précisé qu'il ignorait le nombre exact des migrants qui étaient à bord de l'embarcation. "Peut-être 200 personnes ou plus", a-t-il dit.

102 migrants africains ont aussi été secourus lundi au large de la localité de Guarabouli, à 60 km à l'est de Tripoli, a déclaré un agent des gardes-côtes libyens, Abdellatif Mohammed Ibrahim, faisant état de trois morts et trois disparus.

Les migrants, tous des hommes, étaient à bord d'un canot pneumatique. Leur embarcation de fortune commençait à se dégonfler et à prendre l'eau quand ils ont appelé les gardes-côtes au secours, a ajouté Mohammed Ibrahim.

Les départs de Libye se multiplient

La Libye est un pays de transit vers les côtes européennes pour des centaines de milliers de migrants en grande majorité africains. Parvenus sur les côtes libyennes, ils s'entassent dans des embarcations de fortune pour tenter la périlleuse traversée de la Méditerranée vers Malte ou l'île italienne de Lampedusa, au sud de la Sicile.

Plusieurs centaines d'entre eux y meurent chaque année. Fin août, quelque 170 Africains avaient disparu au large de la Libye.

En raison de la situation anarchique régnant en Libye, les départs depuis les côtes de ce pays se sont multipliés ces dernières semaines.

Les migrants partent aussi d'autres pays de la Méditerranée comme la Tunisie ou l'Egypte.

 

L’Allemagne durcit sa politique d’asile à l’encontre des immigrés des Balkans

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L’Allemagne, principale destination européenne des demandeurs d’asile, va durcir sa politique d’accueil à l’encontre des immigrés des Balkans.

Durcissement à l’encontre des immigrés en provenance d’ex-Yougoslavie…

L’Allemagne va ainsi faciliter le renvoi des demandeurs d’asile en provenance de Serbie, Macédoine et Bosnie-Herzégovine. Ces trois pays, dans lesquels il n’y a pas de persécutions, tortures, violences arbitraires, traitements inhumains et humiliants, sont considérés comme « sûrs ».

Ce projet de loi a valu la contestation de plusieurs associations de défense des droits de l’Homme, expliquant que la plupart des demandeurs en provenance de ces trois pays sont des Roms qui subissent des discriminations dans leur pays. Environ 200 personnes se sont mobilisées, vendredi, devant le Bundesrat, afin de contester de cette décision.

… pour mieux venir en aide à d’autres immigrés

De son côté, la chancelière Angela Merkel avait justifié le projet de loi de son gouvernement par la nécessité de mieux venir en aide à ceux qui ont vraiment besoin d’aide, notamment les Syriens, qui demandent l’asile à l’Allemagne après avoir fui le conflit qui ravage leur pays.

Depuis la fin 2010, les demandes d’asile sont de plus en plus nombreuses en Allemagne. Le pays, qui est la première économie en Europe, compte depuis deux ans, le plus grand nombre de demandeurs, devant la France.

En 2013, le bond a atteint 64 % à 127 023 demandes, soit 29 % des demandes enregistrées dans l’UE (435 000). Cette année, avec les conflits en Syrie, en Irak et à Gaza notamment, elles devraient dépasser les 200 000.

Migrants : "Il y a des gens qui sont en train de mourir en dessous"

Amnesty International a recueilli les récits de réfugiés et de migrants qui ont effectué la traversée entre l'Afrique du Nord et l'Europe. Nous reproduisons ici quatre d'entre eux. Témoignages.

Le 3 août 2014 en mer Méditerranée. (MARINA MILITARE/AFP) Le 3 août 2014 en mer Méditerranée. (MARINA MILITARE/AFP)

Dès le mois de juin 2014, les organisations internationales s'alarmaient d'un nombre record de tentatives de traversée de migrants en Méditerranée pendant l'hiver précédant, annonçant une saison estivale "chargée" et par conséquent davantage de victimes. Elles ne s'y sont pas trompées. L'Organisation internationale pour les migrations vient d'enregistrer 3.072 morts, faisant de "2014, l'année la plus meurtrière", loin devant le pic de 2011, lorsque 1.500 personnes ont perdu la vie dans le sillage des révolutions arabes. C'est quatre fois plus qu'en 2013. S'il n'existe pas de chiffres précis, on estime entre 20.000 et 25.000 le nombre de migrants ayant perdu la vie au cours de ces vingt dernières années. Un chiffre sans doute en deçà de la réalité car de nombreuses embarcations coulent sans laisser de trace, et bon nombre de corps ne sont pas retrouvés. 

Dans un rapport publié mardi 30 septembre, l'organisation Amnesty international "fait valoir que tant que des itinéraires sûrs et légaux permettant aux réfugiés et aux migrants de gagner l'Europe ne seront pas en place, la priorité pour l'Union Européenne et ses États membres doit être de protéger la vie des personnes qui tentent la traversée et de garantir l'accès à la procédure d'asile à celles qui en ont besoin. Il faut renforcer le dispositif de recherche et de sauvetage de l'UE et revoir le système de Dublin."

Pour sensibiliser à la question, l'organisation a recueilli entre février et août 2014 plusieurs témoignages de réfugiés et de migrants qui ont effectué la traversée entre l'Afrique du Nord et l'Europe. Nous en reproduisons ici quelques extraits.

Abdel : "Les Africains subissaient le pire traitement"

Abdel, un tailleur de marbre âgé de 37 ans, père de six enfants, a fui la ville d'Alep, en Syrie, en 2012. Il est arrivé en Libye. Craignant pour la sécurité de sa famille en Libye, il a décidé en 2014 de quitter ce pays. "Le passeur a organisé les choses pour moi et ma famille. On est venu nous chercher et on nous a emmenés à la plage de Zuwara. Il y avait environ 300 Syriens dans le groupe, et à peu près 500 Africains, de diverses nationalités. Tous les jours des Libyens qui s'occupaient de l'opération venaient sur la plage et nous terrorisaient avec leurs armes à feu. J'ai vu des Africains se faire tabasser, et certains ont même été battus à mort avec des morceaux de bois ou de métal. Ce sont les Africains qui subissaient le pire traitement, ils les traitaient comme s'ils n'étaient pas des êtres humains."

Le moment venu, des hommes armés ont fait déplacer tout le monde près du rivage, où des bateaux pneumatiques attendaient. "Lorsqu'on nous a emmenés ma famille et moi vers le grand bateau, nous nous attendions à ce qu'il soit plus gros, parce que nous étions si nombreux. Cela nous a tout de suite inquiétés. Il y avait trop de gens sur ce bateau. Le capitaine était l'un des passagers africains, ce n'était pas un vrai capitaine. Quand nous sommes partis nous pensions qu'il nous faudrait six ou sept heures pour traverser, mais le dimanche à midi nous n'étions toujours pas arrivés. Nous étions perdus."

Wilson : "Il y a des gens qui sont en train de mourir en dessous, ils ont besoin d'eau"

Wilson, âgé de 19 ans, vient de Koforidia, au Ghana. Il a quitté son pays à l'âge de 15 ans, en décembre 2010, et a entrepris un long voyage qui l'a conduit en Libye. Il a travaillé tout un temps dans ce pays et est parvenu à réunir les 1.000 dollars nécessaires pour payer les passeurs organisant la traversée. Il a quitté la Libye le 28 juin à bord d'un navire emmenant quelque 600 personnes. "Lorsque nous avons embarqué sur le gros bateau, il y avait des Arabes armés de fusils qui nous menaçaient. Quand nous sommes arrivés, il y avait déjà d'autres personnes à bord. Je ne savais qu'il y en avait d'autres dans la cale. Une fois le transfert terminé, les Arabes sont partis. Nous sommes partis vers 22 heures. Au bout de sept heures environ, des gens à l'intérieur du bateau se sont mis à crier : 'de l'eau, de l'eau !'. Nous, les Ghanéens, nous avions quelques bouteilles, alors nous avons donné un peu d'eau aux personnes qui en réclamaient. On nous a dit : 'Il y a des gens qui sont en train de mourir en dessous, ils ont besoin d'eau.' Vers 1 heure du matin le dimanche, il ne restait plus d'eau."

Vers 6 heures du matin, le bateau est parvenu dans les eaux internationales. "Nous avons vu trois gros navires à conteneurs. Tout le monde s'est mis à crier pour réclamer qu'on s'approche d'eux. Les gens sur le navire nous ont pris en photo, puis sont repartis à l'intérieur. Ils ne nous sont pas venus en aide. Dans notre bateau, des femmes se sont mises à crier : 'Nous avons des bébés !' Le capitaine du bateau a dit que nous devions nous éloigner et nous a indiqué une direction dans laquelle aller. Il a dit qu'il avait appelé les Italiens et qu'ils allaient arriver dans 20 minutes, pour nous secourir. Nous sommes partis dans cette direction à 10 heures. Nous avons dit au capitaine du gros navire que des gens étaient en train de mourir, mais on ne nous est pas venu en aide."

Pendant ce temps, la situation se dégradait dans la cale du bateau. "Il faisait très chaud en dessous, à cause du moteur. Quelqu'un a tenté de sortir du fond du bateau. Sept personnes au moins y sont parvenues. J'ai parlé à quelqu'un qui avait réussi à sortir, quelqu'un que j'avais déjà vu avant, et il m'a dit : 'Les gens sont en train de mourir.' C'était à cause de la chaleur, et du manque d'eau et d'air." À un moment, ils ont repéré un gros chalutier bleu et blanc, portant les inscriptions "Valletta" et "Rosnik". Le bateau de pêche s'est immobilisé. "Les pêcheurs ont appelé les Italiens pour qu'ils viennent nous secourir. Il était à peu près 19 heures. [...] Ils ont attendu avec nous. Au bout d'une heure, un pêcheur a vu avec sa lunette les sauveteurs qui arrivaient, et il nous a dit de nous tranquilliser. À ce moment-là, tous ceux qui étaient dans la cale avaient réussi à sortir – il n'y avait plus que les morts au fond. Au départ, il y avait à peu près 200 personnes au fond."

Mohamed : "Je ne me pardonnerai jamais d'avoir embarqué ma famille dans cette histoire"

Mohamed, 33 ans, et sa femme Rada, 25 ans, viennent de Damas en Syrie. Ils ont deux enfants, Shahad, 7 ans, et Mohamed, 4 ans. Quand le conflit a commencé en Syrie, Mohamed a craint pour la sécurité de sa famille et a décidé de partir pour la Libye où il avait un ami. "J'ai quitté ma famille et mes beaux-parents pour aller au Caire puis à Tripoli le 21 mai 2012. Une fois installé et après avoir gagné un peu d'argent, j'ai dis à ma famille de me rejoindre en décembre 2012." Mais la vie en Libye a commencé à être de plus en plus difficile. Un propriétaire les a harcelés. En décembre 2013, Mohamed a été enlevé et volé. Son travail n'était pas bien payé et la vie coûtait cher.

"J'ai atteint un point que je ne pouvais plus vivre comme cela plus longtemps. J'ai décidé de partir." (…) J'ai payé 2.000 dollars. Ils (les contrebandiers) nous ont mis dans une maison de quatre pièces et un petit jardin, où il y avait déjà 40 autres personnes qui attendaient. Le 26 juin 2014, ils nous ont dit que le bateau allait partir. Nous nous sommes préparé. Ils nous ont emmenés par groupe à un endroit qui était loin de la mer, proche du désert. Il devait y avoir 300 personnes de différentes nationalités. Certaines personnes étaient bruyantes, alors les contrebandiers les frappaient avec des barres de fer. Ils frappaient surtout les Africains et les Pakistanais. On pensait que nous allions partir le même jour, mais finalement nous sommes restés pour la nuit. Il n'y avait pas de salle de bains. Ils nous ont donné de l'eau, du pain et un carré de fromage fondu. Ma femme était enceinte de 5 mois. Cela était difficile pour elle. Le 27 juin 2014, ils nous ont pris par groupe, en commençant par les Africains, et nous ont emmené dans une ferme à 1 kilomètre de la plage (…) J'ai dû payé 1.500 dollars de plus. (…) Il y avait une grande fissure sur le bateau et il n'était pas très solide. Ils m'ont séparé de ma famille et m'ont giflé. Ils ne nous ont pas donné de nourriture, ni d'eau de la journée (…) Je ne me pardonnerai jamais d'avoir embarqué ma famille dans cette histoire."

Alieu : "J'ai vu des bidons de carburant flotter, j'en ai attrapé un"

Alieu a survécu au naufrage de son bateau en juin 2014. Alieu, 28 ans, vient de Sinchu en Gambie. Il voulait fuir la pauvreté et est parti au Sénégal où il a travaillé comme poissonnier pendant un an. Il s'est ensuite rendu à Bamako au Mali où il a travaillé comme commerçant quelques mois. Finalement, il est allé en Libye, en traversant le Burkina Faso et le Niger, payant les passeurs pour éviter d'être battu et abusé. Mais en arrivant, il s'est rendu compte qu'il ne pouvait pas rester. "La Libye était différente de ce qu'on m'en avait raconté. En Libye tu peux trouver un travail, mais c'est trop dangereux. Aller en Italie était moins cher. Mon oncle avait assez d'argent pour aller en Italie, mais pas assez pour retourner à la maison. D'autres personnes seraient repartis chez eux s'ils avaient eu assez d'argent. (…) Le bateau n'était pas très grand et pouvait se rapprocher de la plage. Nous sommes entrés dans l'eau, nous avions de l'eau jusqu'aux genoux et nous sommes montés à bord. Nous étions 101 personnes. Le bateau était construit avec de la fibre de verre et du caoutchouc (…) Ils nous ont donné un téléphone satellitaire, une boussole, du carburant, de l'eau et du pain. Pas de gilets de sauvetage. Nous avons navigué une heure et demie.

A un moment, des passagers ont remarqué que la fibre de verre était endommagée. Certains joints n'étaient pas bien collés, de sorte que le caoutchouc perdait de l'air. Nous avons appelé les garde-côtes italiens (…) trois heures plus tard le bateau s'est arrêté. L'eau a commencé à monter dans la barque très rapidement et le bateau s'est dégonflé. Il a coulé en moins de 30 secondes, nous étions tous à l'eau. Je savais nager, d'autres non. Il y avait une femme gambienne qui s'appelait Adama, elle a dit 'Adama, aujourd'hui, c'est ton dernier jour dans ce monde'. Elle et 30 autres personnes sont restés piégés dans le milieu du bateau, qui s'était plié en deux et a coulé.

J'ai vu des bidons de carburant flotter, j'en ai attrapé un. Un Sénégalais, m'a attrapé le cou. Je lui ai dit de se retourner et de poser ses mains sur le bidon. Il l'a fait. Nous avons tenu ensemble comme ça cinq heures environ."

Sarah Diffalah - Le Nouvel Observateur   30/09/2014

 

lire le rapport d'Amnesty International

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MIGRATIONS - En finir avec les tragédies en Méditerranée

Italie, le 29 septembre 2014. 
Au large de l’île d’Agathonissi, près de la
frontière turque. Des migrants interpellés par la police italienne à  3 heures du matin. Découvrez l'intégralité du portfolio.© Giorgos Moutafis
Italie, le 29 septembre 2014. Au large de l’île d’Agathonissi, près de la frontière turque. Des migrants interpellés par la police italienne à  3 heures du matin. Découvrez l'intégralité du portfolio.
© Giorgos Moutafis
Le naufrage survenu le 10 septembre au large de Malte et qui a coûté la vie à plusieurs centaines de migrants est l'un des derniers épisodes tragiques de l'hécatombe qui sévit dans les eaux de la Méditerranée.
D'après un récent rapport de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), l'Europe est la destination la plus dangereuse du monde pour les migrants en situation irrégulière. Selon l'organisation, basée à Genève, 3 072 immigrés sont morts en Méditerranée en 2014, rapporte La Repubblica. 2014 est ainsi "l'année la plus mortelle", avec un nombre de victimes deux fois plus important qu'en 2011, année des "printemps arabes". Entre 2000 et 2014, 22 000 migrants ont perdu la vie en Méditerranée en cherchant à rejoindre l'Europe.
Ces migrants sont en majorité originaires d'Afrique et du Moyen-Orient. La plupart d'entre eux déclarent venir de Syrie, de Somalie, d'Erythrée ou du Soudan, des pays où la vie des populations est menacée par la guerre, les conflits ou l'instabilité politique.  
Plusieurs facteurs expliquent cette forte hausse des flux migratoires, mais la multiplication et la recrudescence des conflits un peu partout dans le monde, et particulièrement en Libye et Syrie, est le principal d'entre eux : d'une part parce que les populations, en danger, sont davantage candidates au départ et d'autres part parce que les zones de non-droit qui en résultent facilitent le travail des passeurs et l'installation de filières d'immigration illégale.
L'Italie et l'île de Lampedusa se trouvent particulièrement exposées à ces drames humains – alors que la Grèce, qui possède aussi de nombreuses côtes, est moins soumise à la pression migratoire. Cette disparité s'explique, d'après L'Espresso, par le fait que les deux pays ont des politiques d'accueil qui se situent aux antipodes : "Dans le canal de Sicile, grâce à l'opération Mare Nostrum, l'Italie sauve des milliers de migrants, tandis que les Grecs, eux, battent des records de rapatriements forcés."
 dossier

ÉCLAIRAGE Quelle politique européenne face à l'immigration ?

12.01.2006 Après l'Espagne et ses enclaves de Ceuta et de Melilla, l'Italie fait actuellement l'objet d'un afflux important de migrants venus d'Afrique. [...]

 

REALLY ???

Le Royaume-Uni s’oppose au sauvetage des migrants en Méditerranée

 
 
Des immigrants morts le long de la côte.  [Reuters]
Des immigrants morts le long de la côte. [Reuters]

Le ministère des affaires étrangères britannique a annoncé que le pays ne soutiendrait pas les opérations de recherche et de sauvetage lancées pour secourir les migrants tentant de traverser la Méditerranée pour se rendre en Europe. Une politique qui risque de coûter de nombreuses vies.


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